ALKYLPHENOLS ET MUSCS SYNTHETIQUES DANS L’AIR INTERIEUR : CARACTERISATION DE L’EXPOSITION HUMAINE

Résumé : Les alkylphénols (AP) et les muscs synthétiques (MS) sont deux familles de composés orga-niques semi-volatils (COSV) utilisés comme agents tensio-actifs ou adjuvants pour les AP et comme parfums pour les MS. Parmi les AP, deux molécules ont été étudiées : le nonylphénol (4-NP) et le 4-tert-octylphénol (4-tert-OP) ainsi que leurs éthoxylates : le nonylphénol monoéthoxylate (NPEO1), le nonylphénol diéthoxylate (NPEO2), l’octylphénol monoéthoxylate (OPEO1) et l’octylphénol diéthoxylate (OPEO2). Concernant les MS, deux molécules ont été retenues : le galaxolide (HHCB) et le tonalide (AHTN) présentes dans les mêmes produits ménagers et de soins corporels que les AP,. La volatilisation dans les habitats de ces COSV suspectés d’effets perturbateurs endocriniens pourrait être à l’origine d’un risque d’exposition humaine. Quatre habitats urbains (maison, appartement, bureau et crèche) ont été équipés de préleveurs d’air collectant les phases gazeuse et particulaire. Les AP ont été analysés par LC/MS/MS et les MS, par GC/MS. Les concentrations dans l’air intérieur ont varié pour le NP de 3,6 à 33,2 ng/m³, pour l’OP de 0,29 à 3 ng/m³ pour l’ HHCB de 4,1 à 69,6 ng/m³ et pour l’AHTN de 3,1 à 31,5 ng/m³. Les AP et MS ont été majoritairement détectés en phase gazeuse (70-100%), excepté les AP diéthoxylates. Le rapport entre la concentration des composés en phase particulaire et en phase gazeuse (Kp) a varié de 0,0058 à 16, selon les molécules. Une corrélation positive a été observée d’une part entre le % en phase gazeuse et le log de la pression de vapeur saturante (p<0,001), et d’autre part entre le log Kp et le log Koa (p < 0,05). Les concentrations étaient beaucoup plus élevées dans l’air intérieur que dans l’air extérieur : de 100 à 200 fois pour les AP, de 14 à 130 fois pour l’HHCB et de 26 à 175 fois pour l’AHTN. Les teneurs des composés dans les produits ménagers et de soins corporels ont présenté une grande variabilité de 1 à 410 000 ng/g. Les concentrations dans l’air ont été cohérentes avec les teneurs des produits analysés et avec leurs usages, confortant l’hypothèse d’une volatilisation importante de ces composés dans l’air ambiant. L’exposition par inhalation et par passage transcutané depuis l’air sont des voies majeures d’exposition pour l’Homme. Les niveaux d’exposition au HHCB et au NP ont été les plus élevés chez l’enfant avec respectivement 20 et 39 ng/kg PC/j et 11et 17 ng/kg PC/j. Les niveaux d’exposition, bien que nettement en-dessous des seuils de sécurité toxicologique sont cependant préoccupants du fait de leur chronicité. De plus, les concepts actuels d’effets des faibles doses (hormèse) et des mélanges (effet cocktail) décrits pour certaines catégories de micropolluants, indiquent la nécessité de développer le contrôle de cette contamination.
Type de document :
Mémoire d'étudiant
Sciences de l'environnement. 2017
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https://hal-ephe.archives-ouvertes.fr/hal-01557736
Contributeur : Annie Desportes <>
Soumis le : jeudi 6 juillet 2017 - 15:08:06
Dernière modification le : vendredi 16 février 2018 - 11:42:07
Document(s) archivé(s) le : mercredi 24 janvier 2018 - 21:17:47

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  • HAL Id : hal-01557736, version 1

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Annie Desportes. ALKYLPHENOLS ET MUSCS SYNTHETIQUES DANS L’AIR INTERIEUR : CARACTERISATION DE L’EXPOSITION HUMAINE. Sciences de l'environnement. 2017. 〈hal-01557736〉

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