LA PREDATION DU LABBE A LONGUE QUEUE (Stercorarius longicaudus) ET SON IMPACT SUR LES POPULATIONS DE LEMMING A COLLIER (Dicrostonyx groenlandicus) DANS LE HAUT-ARCTIQUE (GROENLAND)

Résumé : La prédation du Labbe à longue queue (Stercorarius longicaudus) sur les populations de lemming à collier (Dicrostonyx groenlandicus) a été étudiée pendant cinq étés successifs sur la côte Nord-Est du Groenland (Ile de Traill, vallée du Karup). La périodicité des cycles de lemmings dans la zone d’étude est de quatre années. Au cours du cycle concerné (1998-2002), la densité moyenne de lemmings, étudiée par piégeage, a varié de 0 à 24,8 individus/hectare (valeur corrigée par modélisation à 11,5 individus/hectare). Les labbes à longue queue territoriaux étaient présents en nombre égal à chaque début de saison mais ne se sont reproduits avec succès (jeunes à l’envol) que lorsque les densités printanières de lemmings étaient supérieures à 2 individus/hectare ; les labbes adultes ne répondent donc pas numériquement aux variation d’abondance des lemmings. La réponse fonctionnelle du labbe à longue queue est de type III, caractéristique théorique d’un prédateur généraliste. Le taux de prédation augmente de manière exponentielle quand la densité printanière de lemmings est supérieure à 0,3 individus/hectare et se stabilise quand celle-ci dépasse 2 individus/hectare (prédation maximale). L’activité de prédation du labbe à longue queue a lieu préférentiellement de 0 à 6 heures, et l’efficacité de chasse du prédateur est dans tous les cas supérieure à 60 %. L’analyse du régime alimentaire des labbes montre que le lemming à collier est très nettement la proie principale des oiseaux (en fréquence d’occurrence et en biomasse ingérée). Les labbes à longue queue sont sélectifs quant à la taille des lemmings consommés, ils préfèrent les jeunes individus. Les résultats sont discutés à la lumière des connaissances actuelles sur les interactions prédateurs/proies. L’accent est mis sur l’importance d’étudier les réponses numérique et fonctionnelle des prédateurs à différents niveaux de densité de proies, et sur les différences entre la classification théorique simple des prédateurs (spécialiste versus généraliste) et la complexité des réponses de chacun des prédateurs de la communauté étudiée. Enfin, ce travail est le premier du genre concernant le labbe à longue queue, et constitue une référence dans l’étude des interactions prédateur/proie en milieu arctique.
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Mémoire de diplôme
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Contributeur : Arnaud Hurstel <>
Soumis le : samedi 5 janvier 2019 - 12:41:44
Dernière modification le : mardi 8 janvier 2019 - 01:11:56
Document(s) archivé(s) le : samedi 6 avril 2019 - 13:01:31

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Arnaud Hurstel. LA PREDATION DU LABBE A LONGUE QUEUE (Stercorarius longicaudus) ET SON IMPACT SUR LES POPULATIONS DE LEMMING A COLLIER (Dicrostonyx groenlandicus) DANS LE HAUT-ARCTIQUE (GROENLAND). Biodiversité et Ecologie. 2003. ⟨hal-01970485⟩

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