Infections chroniques à staphylocoques: mécanismes de persistance intracellulaire et nouvelles approches thérapeutiques

Résumé : Staphylococcus aureus, pathogène opportuniste responsable d’un large panel d’infections a motivé l’utilisation intensive d’antibiotique ces dernières décennies, favorisant l’émergence de S. aureus résistants notamment à la vancomycine, appelées VISA (Vancomycin Intermediate S. aureus). Des études ont mis en évidence un lien entre baisse de virulence et de sensibilité à la vancomycine en associant cette infection au passage à la chronicité. Dans ce contexte, le premier objectif de notre étude a été d’étudier le mécanisme de persistance des souches VISA dans les CPNP (Cellules Phagocytaires Non Professionnelles) in vitro dans un modèle de culture cellulaire. Cette première étude a été réalisée sur 2 couples de souches cliniques composés d’une souche VSSA (Vancomycin Susceptible Staphylococcus aureus), d’une souche VISA ainsi qu’une souche inactivée pour le gène stp1 suspecté pour son rôle dans la diminution de la sensibilité à la vancomycine. Les résultats obtenus montraient une homogénéité de phénotypes présentés par les 2 couples de souches, démontrant que les souches VISA étaient moins cytotoxiques, induisaient une réponse inflammatoire amoindrie et persistaient en plus grand nombre jusqu’à 14 jours post-infection dans les ostéoblastes. La souche délétée pour stp1 a montré quant à elle peu de différences phénotypiques par rapport à la souche parentale VSSA. Nos résultats suggèrent que cette baisse de virulence observée avec les souches VISA serait associée à une plus grande capacité de persistance intracellulaire et à un moindre pouvoir cytotoxique. Ces résultats ont aussi montré l’importance de développer de nouvelles molécules anti staphylococciques à visée intracellulaire. Dans cette optique, dans un second temps, nous avons réalisé deux études sur l’efficacité de nouvelles molécules anti-staphylococciques à visée intracellulaire dans le cadre de collaboration avec des sociétés pharmaceutiques. Les résultats obtenus lors de ces études ont été encourageants, en effet, nos résultats préliminaires ont montré l’intérêt de ces nouveaux inhibiteurs anti-staphylococciques dans l’élimination des S. aureus intracellulaires, avec une efficacité supérieure à la rifampicine pour l’une de ces molécules. Ces molécules, en combinaison avec des antibiotiques standards, pourraient constituer une option thérapeutique précieuse pour le traitement des infections ostéo-articulaires. La dernière partie de ce travail portait sur les capacités d’internalisation et de persistance intracellulaire de Staphylococcus non-aureus (SNA). Nous avons étudié différentes souches de S. simiae et S. schleiferi ainsi que S. argenteus et S. schweitzeri qui ont été décrites plus récemment. Les souches S. argenteus, S. schweitzeri et S. schleiferi ont indiqué une capacité à persister dans les CPNP autant voire plus importante que S. aureus, exigeant une nouvelle vigilance d’un point de vu clinique sur le choix thérapeutique lors d’une infection à l’un de ces staphylocoques.
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Contributeur : Virginie Dyon-Tafani <>
Soumis le : lundi 21 janvier 2019 - 20:34:02
Dernière modification le : mardi 29 janvier 2019 - 12:23:40

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Virginie Dyon-Tafani. Infections chroniques à staphylocoques: mécanismes de persistance intracellulaire et nouvelles approches thérapeutiques. Sciences du Vivant [q-bio]. 2019. ⟨hal-01968927⟩

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